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Minnesang

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Walther von der Vogelweide (Codex Manesse, vers 1300).

Le Minnesang (en allemand : « chant d'amour ») est un style de poésie lyrique en moyen haut allemand qui s'est épanoui du XIIe siècle jusqu'au XIVe siècle. Ceux qui écrivent et chantent le Minnesang sont connus comme Minnesänger, ou « chanteurs de Minne ». Comme les troubadours et les trouvères, les Minnesänger chantent principalement la « Minne » (l'amour courtois).

Reinmar de Haguenau (Codex Manesse, vers 1300).

Les premières poésies des Minnesänger apparaissent au milieu du XIIe siècle. Elles sont postérieures d'un demi-siècle à celles des troubadours, et antérieures d'une vingtaine d'années à celles des trouvères[1]. Comme les troubadours, les Minnesänger chantent principalement la « Minne » (l'amour, au sens d'amour courtois). Les paroles de ces chants sont conservées dans un document du début du XIVe siècle, le Codex Manesse, qui contient les chants de 138 Minnesänger[2]. Peu de mélodies ont cependant été conservées. Le Minnesang s'épanouit sous le règne des Staufen, en Bavière, en Autriche, dans la vallée du Rhin, en Thuringe et en Suisse[3].

Le thème central du Minnesang est l'amour d'un chevalier pour une dame noble et idéalisée, exprimé le plus souvent du point de vue du chevalier. L'amour du chevalier est sans réciprocité et le service de sa dame est une récompense en soi (hohe Minne, littéralement « grand amour »)[4],[5]. Le Minnesinger appartient généralement aux rangs inférieurs de la noblesse, et ses vers sont adressés à une femme mariée, souvent d'un rang supérieur au sien ; par conséquent, les thèmes lyriques les plus courants sont la dévotion désespérée de l'amant et les plaintes concernant la cruauté de la dame[6]. Il existe toutefois plusieurs sous-genres du Minnesang, dont certains dépeignent une relation réciproque, voire consommée, souvent du point de vue féminin[7].

Wolfram von Eschenbach (Codex Manesse, vers 1300).

Les poèmes sont dès l'origine chantés sur une mélodie (Weise) composée par le poète lui-même, avec l’accompagnement d’un instrument à cordes, comme la vièle, la harpe, la rote (petite harpe) ou bien le luth[8]. La forme complexe des vers, empruntée en partie au provençal, laisse penser que le Minnesinger ne fait pas d'improvisation[6]. Les premiers chants se composent d'une unique strophe divisée en trois parties : deux (appelées Stollen) de forme identique, énonçant et développant l'argument, et la troisième (Abgesang), de forme différente, concluant le poème. Plus tard, on utilise deux strophes, voire plus, dans un même poème, mais leur structure demeure inchangée. C'est sous cette forme que sont composés le Tagelied, un dialogue décrivant les adieux des amants à l'aube, et le chant de croisade[6]. Parallèlement, existe le Spruch, écrit en une seule strophe indivise, destiné à la récitation et souvent présenté sous forme de fable. Le lai (