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Opération Postmaster

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L'opération Postmaster (officiellement Postmaster Operation) a été une action de guerre navale qui s'est passée dans la Guinée espagnole (actuellement Guinée équatoriale) en , au cours de la Seconde Guerre mondiale, et cela sans respecter la neutralité officielle de l'Espagne.

En 1941, les Britanniques apprennent que les sous-marins allemands utilisent plusieurs fleuves sur les territoires africains du régime de Vichy pour se réapprovisionner. Ils décident de mener de plus amples investigations grâce à une petite unité, la Small Scale Raiding Force (en) (SSRF), aussi connue sous le nom de Commando 62. Formée en 1941, elle comprend 55 militaires spécialement entraînés et qui opèrent en lien avec le Special Operations Executive (SOE), sous le commandement du major Gus March-Phillipps (en).

Le , le Maid Honor, un yacht de 65 tonnes, quitte Poole au sud de l'Angleterre pour l'Afrique occidentale. Les cinq membres d'équipage sont dirigés par March-Phillipps. Le reste du SSRF, commandé par le capitaine Geoffrey Appleyard (en), est déjà parti à bord d'un transport de troupes. Le , le Maid Honor arrive à Freetown, au Sierra Leone, où Appleyard est présent depuis plusieurs semaines. Là, le SSRF commence ses recherches pour identifier des sous-marins allemands qui se situeraient dans la région. Ils écument les deltas et les nombreux fleuves côtiers, mais sans résultat.

Le SOE est alors plutôt actif en Afrique occidentale, du fait de la présence du régime de Vichy, mais aussi des colonies espagnoles et portugaises, dont les régimes sont relativement proches de l'Allemagne nazie. Plusieurs membres du SOE s'intéressent ainsi à l'activité de trois navires dans le port de Santa Isabel, le port de l'île espagnole de Fernando Po, à trente kilomètres du continent, près de la frontière avec le Nigeria.

Les trois navires sont le navire marchand italien Duchessa d'Aosta, l'important remorqueur allemand Likomba et la barge Bibundi. Le premier a une radio opérationnelle qui pourrait servir à transmettre des informations d'importance sur des mouvements britanniques. Son chargement fait état de trois millions de livres de laine, de 316 610 livres de peaux et de cuirs, de quatre millions de livres de coprah, de près de 550 000 livres de fibres d'amiante et d'1,1 million de lingots de cuivre électrolytique. En outre, le capitaine refuse de présenter le détail du manifeste de cargaison aux autorités portuaires, ce qui jette rapidement le doute sur la nature exacte de ce que le navire transporte. Lors de ses visites sur l'île, l'agent britannique Leonard Guise surveille attentivement les navires des forces de l'Axe et, en , propose un plan pour s'emparer du Likomba et neutraliser le Duchessa d'Aosta. Le , l'Amirauté britannique donne son accord à une action dans le port d'un pays neutre.

Pour transporter les commandos, deux barges, le Vulcan et le Nuneaton, sont fournies par le gouverneur du Nigeria, sir Bernard Bourdillon. La force d'attaque comprend trente-deux hommes dont quatre agents du SOE, 11 commandos du SSRF et 17 hommes recrutés parmi la population locale comme équipage. Néanmoins, la mission souffre de l'opposition du général George Giffard, le commandant du West Africa Command, qui refuse de libérer les 17 hommes prévus pour servir sur les deux bateaux. Il estime que cela compromettrait d'autres plans qu'il a en tête et que l'opération pourrait être vue comme de la piraterie. L'Amirauté décide alors de suspendre l'opération, d'autant que le Foreign Office a aussi manifesté son opposition, craignant une réaction du gouvernement espagnol. C'est seulement le que la diplomatie britannique donne son accord, comptant sur le fait qu'aucune preuve tangible ne pourrait être fournie pour attester d'une action britannique sur le sol espagnol. Enfin, la corvette HMS Violet est envoyée dans la région pour intercepter les navires, dans le cas où ils essaieraient de s'enfuir.

Les détails de l'attaque ont été élaborés à Lagos. Ils ont décidé qu'un commando d'assaut divisé en deux groupes pénétrerait dans le port de Santa Isabel (aujourd'hui Malabo) dans l'île de Bioko lors d'une nuit sans lune ; un des groupes se chargerait de la Duchessa et l'autre des vedettes. Les premiers devaient attaquer le bateau, neutraliser la radio et contrôler le navire; ils devaient détacher les ancres, accrocher les vedettes, et enfin sortir du port. Le tout devait se faire en 15 minutes. La