Stevie Wonder
| Nom de naissance | Steveland Judkins, Steveland Morris |
|---|---|
| Naissance |
Saginaw (Michigan, États-Unis) |
| Nationalités |
Américaine Ghanéenne (Depuis le 13 mai 2024) |
| Activité principale | Musicien, chanteur, auteur-compositeur-interprète, producteur, multi-instrumentiste |
| Genre musical | Funk, rhythm and blues, soul, soul psychédélique, pop, dub, jazz, ballade |
| Instruments | Claviers, batterie, harmonica, percussions |
| Années actives | Depuis 1961 |
| Labels | Motown |
| Site officiel |
www.steviewonder.net Signature de Stevie Wonder |
Stevie Wonder, de son vrai nom Stevland Judkins, est un auteur-compositeur-interprète, producteur et multi-instrumentiste américain, également naturalisé ghanéen, né le à Saginaw (Michigan, États-Unis), aveugle depuis sa petite enfance. Il est considéré comme l'un des plus grands artistes américains de la seconde moitié du XXe siècle et possède une des carrières les plus prolifiques de la musique populaire américaine.
Sa discographie, commencée dès 11 ans, comptait, en 2021, 23 albums studio, trois albums de musique de film, quatre albums live, onze compilations et 101 singles. Aux États-Unis, 49 de ses chansons figurent dans le Top 40 et 10 à la première place du Billboard Hot 100. Dans le monde, 32 singles ont été no 1 des ventes de disques[1].
Stevie Wonder compte 100 millions d'albums vendus[2], reçu 25 Grammy Awards et remporté en 1984 un Oscar de la meilleure chanson originale pour I Just Called to Say I Love You, au cours d'une carrière d'un demi-siècle et qui aborde de nombreux genres musicaux : le funk, le rhythm and blues, la soul, la pop...
Biographie
[modifier | modifier le code]Débuts (1961-1970)
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Il est le troisième d'une famille de six enfants. Son père, Calvin Judkins, est marchand de rue et vit d'une petite pension militaire[3], et sa mère Lula Mae Hardaway, née Lula May Pitts le , est serveuse. Elle a eu précédemment deux fils avec Paul Hardaway. Autrice-compositrice, elle co-écrira plusieurs chansons de son fils[4]. Né prématurément, Stevie Wonder est placé dans une couveuse, mais perd la vue à la suite d'une oxygénothérapie à niveau excessif d'oxygène[5] , qui provoque une rétinopathie du prématuré[6]. Parce qu'il a survécu, Stevie Wonder se croira toujours porté par la chance[7].
À l'âge de quatre ans, il déménage à Détroit avec sa mère qui a quitté Calvin pour retrouver Paul Hardaway. Il sera rebaptisé Steveland Morris après le second mariage de sa mère. Sa famille est pauvre.
Il maîtrise de nombreux instruments dès son enfance : le piano, l'harmonica ainsi que divers instruments de percussion. À 8 ans, il chante dans la chorale de l’Église baptiste de Whitestone[8]. Il enregistre également. Son mentor Clarence Paul le forme au piano et à la composition après ses cours à l'école. Ronnie White, compositeur du groupe The Miracles aux côtés de Smokey Robinson, le découvre. Stevie signe pour le label Tamla dès onze ans, et son premier album est édité sous le nom de Little Stevie Wonder en 1962. Le producteur Clarence Paul lui donne ce surnom de « Little Stevie Wonder » (« Stevie la petite merveille ») après avoir reconnu que : « Nous ne pouvons pas l’appeler indéfiniment la huitième merveille du monde » (We can't keep calling him the eighth wonder of the world). Il obtient son premier succès avec la chanson numéro un au hit-parade Fingertips. Ses compositions apparaissent sur ses propres disques ainsi que sur ceux d'autres artistes du label Motown. Berry Gordy, le fondateur de la Motown, en fait un enfant star, les premiers disques de Little Stevie générant un chiffre d'affaires de 30 millions de dollars[7]. Son contrat se termine en 1966 et Gordy hésite à le refaire signer car les ventes du chanteur baissent, et sa voix mue, mais la compositrice et productrice Sylvia Moy convainc la Motown de lui donner une dernière chance[9]. Voulant son indépendance financière, après de longues tractations avec Berry Gordy, il produit lui-même l'album Signed, Sealed and Delivered sorti en 1970[10]. Durant l'été 1969, il se produit au Harlem Cultural Festival[11].
Période des classiques (1971-1978)
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Il obtient une liberté artistique complète avec l'album Where I'm Coming From en 1971[7].
L'album Music of My Mind sorti en 1972 est réalisé par l'artiste : composition, chant, instruments, production (seuls un solo de trombone de Art Baron dans Love Havin' You Around, un solo de guitare de Buzz Feiton dans Superwoman ne sont pas de Stevie Wonder), qui commence à utiliser des synthétiseurs Moog et ARP que lui ont fait découvrir les pionniers de la musique électronique Robert Margouleff et Malcolm Cecil[12]. Music of My Mind n'est pas composé d'une suite de singles, comme ses albums précédents, mais conçu comme un tout cohérent. Dans les albums suivants, Talking Book et Innervisions (placé par le magazine Rolling Stone à la 23e place de sa liste des « 500 meilleurs albums de tous les temps » en 2003[13]), Wonder aborde des thèmes sociaux dans des chansons comme Big Brother ou Living for the City, mais rencontre toujours le succès avec Superstition, premier des hit parades pop et rhythm and blues, ou encore avec la ballade You Are the Sunshine of My Life[14]. Il se produit le à Kingston en Jamaïque, aux côtés de Bob Marley pour le Wonder Dream Concert, dont les bénéfices sont reversés à l'Institut jamaïcain pour les aveugles[15]. Le double album Songs in the Key of Life, sorti en 1976, contient les hits I Wish et Sir Duke — enregistré en hommage à Duke Ellington — et se classe en tête des ventes aux États-Unis[16]. Le magazine Rolling Stone le place à la 3e place de sa liste des « 500 meilleurs albums de tous les temps » en 2020.
En 1977, il participe au FESTAC 77, un festival des cultures et arts noirs et africains à Lagos, au Nigeria, qui réunit 60 pays[17].
Période commerciale (1979-1987)
[modifier | modifier le code]En 1980, la chanson Happy Birthday extraite de l'album Hotter than July milite pour l'institution d'un jour férié national en mémoire du révérend Martin Luther King. La détermination de Stevie Wonder porte ses fruits en 1986 lorsque Ronald Reagan introduit dans la législation américaine le troisième lundi du mois de janvier comme jour férié à la mémoire de Martin Luther King. Sur le même album, il rend hommage au chanteur jamaïcain Bob Marley avec le titre Master Blaster (Jammin').
Toujours en 1980, il participe à l'album Let's Get Serious[18] de Jermaine Jackson qui obtiendra son premier no 1 dans les charts R&B avec la chanson titre de l'album avec des participations percutantes, la présence artistique de Stevie ayant été déterminante pour son ami et ex-chanteur des Jackson 5 dans la suite de sa carrière. En 1982, il chante Ebony and Ivory avec l'ex-Beatle Paul McCartney. La chanson figure sur l'album Tug of War de McCartney et se classe première des charts britanniques. Avec I Just Called to Say I Love You, composée pour le film La Fille en rouge (The Woman in Red), Stevie Wonder remporte l'Oscar de la meilleure chanson originale[19] ; il obtient également son premier numéro un au Royaume-Uni en tant qu'artiste solo, le titre se classant en tête des charts durant six semaines d'affilée en 1984. et constitue une des vingt meilleures ventes de l'histoire au Royaume-Uni.
En 1985, Stevie Wonder fait partie des quarante-quatre artistes de USA for Africa qui interprètent la chanson caritative We Are the World. Il réalise l'album In Square Circle avec le hit Part-Time Lover. En 1987, son album Characters remporte un grand succès notamment grâce à la chanson Free. Cet album contient notamment un duo avec Michael Jackson, pour la chanson Get It. La même année, il chante également en duo avec le Roi de la pop sur l'album Bad de ce dernier, dans le titre Just Good Friends.
Deuxième partie de carrière (1988-1999)
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Il est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 1989. Un Grammy Award pour l'ensemble de sa carrière (Lifetime Achievement Award) lui est décerné en 1996. En 1991, il écrit la bande originale du film Jungle Fever réalisé par Spike Lee. En 1995, il sort l'album Conversation Peace après 8 ans de réalisation.
Années 2000
[modifier | modifier le code]Un Grammy Hall of Fame award est décerné au single Superstition en 1998, les albums Talking Book et Innervisions sont primés l'année suivante, ainsi que Songs In The Key of Life et le single You Are the Sunshine of My Life en 2002. Au cours de l'année 2006, il collabore avec des rappeurs, Busta Rhymes ou Snoop Doggy Dogg.
L'album A Time to Love sort en 2005, 10 ans après le précédent album studio. Il participe à la campagne de Barack Obama en se produisant à ses meetings. Il y adapte I Wish et Sir Duke en modifiant les paroles, et enregistre un clip politique en sa faveur.
Le , il interprète aux côtés de la chanteuse colombienne Shakira et d'Usher Higher Ground, devant 300 000 personnes, au concert suivant la victoire de Barack Obama[20]. Le , Stevie Wonder clôt le Festival Mawazine Rythmes du Monde de Rabat[21]. Le , il est invité pour ouvrir le festival de jazz de Montréal devant 200 000 personnes[22]. Le , il chante à la cérémonie d'hommage à Michael Jackson.
Lors des concerts du 25e anniversaire en l'honneur du Rock and Roll Hall of Fame se déroulant le 29 et , Stevie interprète The Way You Make Me Feel de son défunt ami Michael Jackson, et fond en larmes durant son interprétation. Sur YouTube, un internaute réunit la même année les deux artistes dans un morceau intitulé You Make Me Feel Lovely, mélange de The Way You Make Me Feel de Michael Jackson et d'Isn't She Lovely de Stevie Wonder[23]. Le , lors de la Journée internationale des personnes handicapées, il est nommé « Messager de la paix » au siège de l'ONU[24].

